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Sommaire
La ménopause est une étape physiologique naturelle que traversent toutes les femmes, généralement entre 45 et 55 ans. Si certaines la vivent sereinement, d’autres font face à des symptômes intenses qui perturbent leur quotidien : bouffées de chaleur invalidantes, insomnies chroniques, sautes d’humeur ou encore douleurs articulaires. Le traitement hormonal de la ménopause (THS), parfois appelé traitement hormonal substitutif, reste à ce jour la solution la plus efficace pour atténuer ces désagréments. Pourtant, il suscite encore de nombreuses interrogations et parfois de la méfiance. Ce guide complet fait le point sur les données médicales actuelles, les bénéfices, les risques et les alternatives, pour aider chaque femme à faire un choix éclairé en consultation médicale.
Le traitement hormonal de la ménopause consiste à administrer des hormones — principalement des œstrogènes et/ou de la progestérone — pour compenser la chute de production hormonale par les ovaires. À la ménopause, les ovaires cessent progressivement de fonctionner, ce qui entraîne un effondrement des taux d’œstradiol et de progestérone dans le sang. Ce bouleversement hormonal est directement responsable des symptômes typiques de la ménopause. Pour mieux comprendre les mécanismes en jeu, consultez l’article dédié au déséquilibre hormonal féminin.
Le THS vise à restaurer un niveau hormonal suffisant pour atténuer les symptômes sans pour autant reproduire les taux d’hormones d’une femme en période d’activité ovarienne. Il ne s’agit pas de « rajeunir » le corps, mais bien de lui apporter un soutien hormonal adapté pendant la période de transition.
La ménopause est confirmée après 12 mois consécutifs sans règles, en l’absence de toute autre cause médicale. L’âge moyen en France est de 51 ans, mais la périménopause — la phase de transition — peut débuter dès 40-45 ans avec des cycles irréguliers et les premiers symptômes.
Le THS est généralement envisagé lorsque ces symptômes deviennent invalidants au quotidien et altèrent significativement la qualité de vie. Il est important de noter que certains de ces symptômes peuvent également être liés à d’autres déséquilibres, comme une hypothyroïdie chez la femme, qui doit être exclue par un bilan sanguin.
Réservé aux femmes hystérectomisées (ayant subi une ablation de l’utérus). L’œstradiol est administré par voie transdermique (patch, gel) ou orale. La voie transdermique est généralement privilégiée car elle présente un risque moindre de thrombose veineuse par rapport à la voie orale.
Indiqué pour les femmes ayant conservé leur utérus. La progestérone est ajoutée pour protéger l’endomètre (muqueuse utérine) contre le risque d’hyperplasie et de cancer de l’endomètre que provoqueraient les œstrogènes seuls. Le traitement peut être séquentiel (progestérone 12 à 14 jours par mois, avec persistance de saignements de type « règles ») ou continu (progestérone chaque jour, absence de saignements).
Les hormones bio-identiques ont une structure moléculaire identique à celle produite naturellement par le corps. L’œstradiol 17-bêta par voie transdermique et la progestérone micronisée (par voie orale ou vaginale) sont considérées comme le schéma de référence en France, recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS). Ce protocole offre un bon équilibre entre efficacité et profil de sécurité.
Le traitement hormonal de la ménopause offre des bénéfices bien documentés par la littérature scientifique :
Comme tout traitement médical, le THS comporte des risques qui doivent être évalués individuellement auprès d’un professionnel de santé.
Le risque de cancer du sein augmente légèrement avec un traitement combiné (œstrogènes + progestatifs de synthèse) pris pendant plus de 5 ans. Ce sur-risque est estimé à environ 8 cas supplémentaires pour 10 000 femmes par an. Avec la progestérone micronisée, ce risque semble moindre. Après l’arrêt du traitement, le sur-risque diminue progressivement sur 2 à 5 ans.
Les œstrogènes par voie orale augmentent le risque de thrombose veineuse profonde et d’embolie pulmonaire. Ce risque est significativement réduit, voire absent, avec la voie transdermique (patch ou gel), raison pour laquelle celle-ci est désormais recommandée en première intention.
Un léger sur-risque d’AVC est rapporté avec les œstrogènes oraux à doses élevées, surtout chez les femmes de plus de 60 ans. Ce risque est atténué avec la voie transdermique et les doses faibles.
Ces effets sont généralement transitoires et peuvent être corrigés par un ajustement de la dose ou de la forme du traitement.
Pour les femmes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas recourir au THS, plusieurs alternatives existent. Leur efficacité, bien que généralement inférieure à celle du traitement hormonal, peut suffire dans les formes légères à modérées.
Les isoflavones de soja et le trèfle rouge contiennent des composés qui se lient aux récepteurs d’œstrogènes. Les études montrent une réduction modeste des bouffées de chaleur (20-30 %). Ils sont contre-indiqués en cas d’antécédent de cancer hormonodépendant.
Cette plante est utilisée traditionnellement pour les symptômes vasomoteurs. Certaines études montrent un bénéfice modéré sur les bouffées de chaleur, mais les données restent insuffisantes pour une recommandation formelle.
Le THS nécessite une prescription médicale. La première consultation, auprès d’un médecin généraliste ou d’un gynécologue, inclut un interrogatoire complet (antécédents personnels et familiaux, symptômes, mode de vie) et un examen clinique.
Avant de débuter le traitement, un bilan est réalisé : mammographie récente (moins de 2 ans), bilan lipidique, glycémie, éventuellement un frottis cervico-vaginal à jour et une densitométrie osseuse si indiquée.
Le médecin détermine le type de THS, la voie d’administration et la posologie adaptés au profil de la patiente. Le traitement est généralement débuté à la dose minimale efficace, avec une réévaluation après 3 mois.
Un suivi est recommandé tous les 6 à 12 mois en consultation médicale, comprenant un examen clinique, une évaluation de la tolérance et de l’efficacité, et la poursuite du dépistage organisé (mammographie tous les 2 ans). La durée du traitement est réévaluée chaque année, en pesant les bénéfices et les risques.
Il n’existe pas de durée maximale absolue. Les recommandations actuelles préconisent d’utiliser le THS le temps nécessaire, à la dose la plus faible efficace. En pratique, la durée moyenne est de 5 à 7 ans, mais elle peut être prolongée si les bénéfices l’emportent sur les risques pour la patiente concernée.
| Type de THS | Formes disponibles | Principaux bénéfices | Risques spécifiques | Pour qui ? |
|---|---|---|---|---|
| Œstrogènes seuls (voie transdermique) | Patch, gel | Soulagement des bouffées de chaleur, protection osseuse, faible risque thrombotique | Risque endométrial si utérus présent (ne pas utiliser seul) | Femmes hystérectomisées |
| Œstrogènes seuls (voie orale) | Comprimés | Soulagement des bouffées de chaleur, protection osseuse | Risque accru de thrombose veineuse, risque endométrial | Femmes hystérectomisées sans facteur de risque thrombotique |
| Combiné séquentiel (œstrogène + progestérone) | Patch/gel + progestérone orale (12-14 j/mois) | Soulagement complet des symptômes, protection endomètre, saignements prévisibles | Léger sur-risque mammaire au-delà de 5 ans | Femmes en périménopause ou ménopause récente avec utérus |
| Combiné continu (œstrogène + progestérone) | Patch/gel + progestérone orale quotidienne | Absence de saignements, soulagement des symptômes, protection endomètre | Léger sur-risque mammaire au-delà de 5 ans, spotting possible au début | Femmes ménopausées depuis plus d’1 an avec utérus |
| Traitement local (œstrogènes vaginaux) | Crème, ovule, anneau vaginal | Sécheresse vaginale, infections urinaires récidivantes | Très faible passage systémique, risques minimes | Femmes avec symptômes vaginaux isolés, même après cancer du sein (avis spécialisé) |
Chronologie de la ménopause et fenêtre optimale du THS
PHASE 1 — Préménopause (40-45 ans)
Cycles encore réguliers mais premiers signes hormonaux
PHASE 2 — Périménopause (45-51 ans, durée 2 à 8 ans)
Cycles irréguliers, fluctuations hormonales intenses
PHASE 3 — Ménopause confirmée (51 ans en moyenne)
12 mois consécutifs sans règles
FENÊTRE D’OPPORTUNITÉ DU THS : dans les 10 ans suivant la ménopause ou avant 60 ans
PHASE 4 — Post-ménopause tardive (après 60-65 ans)
Adaptation du corps aux nouveaux niveaux hormonaux
Non, les études montrent que le traitement hormonal de la ménopause ne provoque pas de prise de poids. Au contraire, il peut limiter la redistribution abdominale des graisses caractéristique de la ménopause. La prise de poids observée à cette période est principalement liée au vieillissement, à la baisse du métabolisme de base et aux changements de mode de vie, et non au THS lui-même.
Il n’existe pas de durée maximale stricte fixée par les autorités de santé. La recommandation actuelle est de réévaluer le rapport bénéfice/risque chaque année en consultation médicale. La plupart des femmes suivent le traitement pendant 5 à 7 ans, mais certaines peuvent le poursuivre plus longtemps si les symptômes persistent et que le bilan médical reste favorable. Pour les femmes en ménopause précoce, le THS est recommandé au minimum jusqu’à 51 ans.
Le sur-risque de cancer du sein est faible et concerne principalement les traitements combinés (œstrogènes + progestatifs de synthèse) utilisés pendant plus de 5 ans. Avec le schéma recommandé en France — œstradiol transdermique + progestérone micronisée — ce risque est significativement réduit par rapport aux anciens protocoles. Pour donner un ordre de grandeur, le sur-risque est comparable à celui lié à la consommation de 2 verres d’alcool par jour ou à l’obésité post-ménopausique.
L’initiation du THS après 60 ans ou plus de 10 ans après la ménopause est généralement déconseillée en raison d’un rapport bénéfice/risque moins favorable, notamment sur le plan cardiovasculaire. Cependant, une femme déjà sous THS et le tolérant bien peut envisager de le poursuivre au-delà de 60 ans sous surveillance médicale rapprochée. Les œstrogènes locaux (vaginaux) restent possibles à tout âge.
Un antécédent familial de cancer du sein au premier degré (mère, sœur) ne constitue pas une contre-indication absolue au THS, mais il nécessite une évaluation approfondie auprès d’un professionnel. Le médecin prendra en compte le type de cancer familial, les résultats de tests génétiques éventuels (BRCA1/BRCA2) et le niveau de risque global. Un suivi mammographique renforcé sera mis en place si le traitement est prescrit.
Le terme « hormones bio-identiques » désigne des hormones dont la structure moléculaire est identique à celles produites naturellement par l’organisme. En France, le THS recommandé utilise précisément des hormones bio-identiques : l’œstradiol 17-bêta et la progestérone micronisée. Il ne faut pas confondre ces hormones, prescrites et contrôlées, avec les préparations magistrales non standardisées parfois vendues sous le label « bio-identique » sans validation scientifique suffisante.
Sophie Martin
Diététicienne-Nutritionniste, diplômée d’État
Spécialisée dans la nutrition féminine et le bien-être hormonal, Sophie accompagne depuis plus de 10 ans des femmes 35+ dans leur quête de santé durable, de minceur sereine et de confiance retrouvée dans leur corps.
📅 Publié le 6 juillet 2026