Ménopause : le traitement hormonal (THS) — guide complet

Traitement hormonal ménopause — femme souriante et confiante

En bref

  • Le traitement hormonal de la ménopause (THS) compense la baisse d’œstrogènes et de progestérone pour soulager les symptômes gênants (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sécheresse vaginale).
  • Il existe plusieurs formes de THS : œstrogènes seuls, combinés œstrogènes + progestérone, et hormones bio-identiques — le choix dépend du profil médical de chaque femme.
  • Le THS réduit significativement les bouffées de chaleur (jusqu’à 75-90 %), protège la densité osseuse et améliore la qualité de vie globale.
  • Ce traitement nécessite une prescription médicale, un suivi régulier et une évaluation personnalisée des bénéfices et des risques (thrombose, cancer du sein).

Sommaire

  1. Qu’est-ce que le traitement hormonal substitutif (THS) ?
  2. Ménopause : quand commence-t-elle et quels symptômes mènent au THS ?
  3. Les différents types de traitement hormonal
  4. Les bénéfices prouvés du THS
  5. Risques et effets secondaires
  6. Qui peut prendre le THS — et qui devrait l’éviter ?
  7. Alternatives naturelles au traitement hormonal
  8. Comment démarrer un THS : parcours médical et suivi
  9. Tableau comparatif des types de THS
  10. Infographie : chronologie de la ménopause et fenêtre du THS
  11. Questions fréquentes sur le traitement hormonal

La ménopause est une étape physiologique naturelle que traversent toutes les femmes, généralement entre 45 et 55 ans. Si certaines la vivent sereinement, d’autres font face à des symptômes intenses qui perturbent leur quotidien : bouffées de chaleur invalidantes, insomnies chroniques, sautes d’humeur ou encore douleurs articulaires. Le traitement hormonal de la ménopause (THS), parfois appelé traitement hormonal substitutif, reste à ce jour la solution la plus efficace pour atténuer ces désagréments. Pourtant, il suscite encore de nombreuses interrogations et parfois de la méfiance. Ce guide complet fait le point sur les données médicales actuelles, les bénéfices, les risques et les alternatives, pour aider chaque femme à faire un choix éclairé en consultation médicale.

Qu’est-ce que le traitement hormonal substitutif (THS) ?

Le traitement hormonal de la ménopause consiste à administrer des hormones — principalement des œstrogènes et/ou de la progestérone — pour compenser la chute de production hormonale par les ovaires. À la ménopause, les ovaires cessent progressivement de fonctionner, ce qui entraîne un effondrement des taux d’œstradiol et de progestérone dans le sang. Ce bouleversement hormonal est directement responsable des symptômes typiques de la ménopause. Pour mieux comprendre les mécanismes en jeu, consultez l’article dédié au déséquilibre hormonal féminin.

Le THS vise à restaurer un niveau hormonal suffisant pour atténuer les symptômes sans pour autant reproduire les taux d’hormones d’une femme en période d’activité ovarienne. Il ne s’agit pas de « rajeunir » le corps, mais bien de lui apporter un soutien hormonal adapté pendant la période de transition.

Ménopause : quand commence-t-elle et quels symptômes mènent au THS ?

La ménopause est confirmée après 12 mois consécutifs sans règles, en l’absence de toute autre cause médicale. L’âge moyen en France est de 51 ans, mais la périménopause — la phase de transition — peut débuter dès 40-45 ans avec des cycles irréguliers et les premiers symptômes.

Les symptômes les plus fréquents

Le THS est généralement envisagé lorsque ces symptômes deviennent invalidants au quotidien et altèrent significativement la qualité de vie. Il est important de noter que certains de ces symptômes peuvent également être liés à d’autres déséquilibres, comme une hypothyroïdie chez la femme, qui doit être exclue par un bilan sanguin.

Les différents types de traitement hormonal

Œstrogènes seuls

Réservé aux femmes hystérectomisées (ayant subi une ablation de l’utérus). L’œstradiol est administré par voie transdermique (patch, gel) ou orale. La voie transdermique est généralement privilégiée car elle présente un risque moindre de thrombose veineuse par rapport à la voie orale.

Traitement combiné œstrogènes + progestérone

Indiqué pour les femmes ayant conservé leur utérus. La progestérone est ajoutée pour protéger l’endomètre (muqueuse utérine) contre le risque d’hyperplasie et de cancer de l’endomètre que provoqueraient les œstrogènes seuls. Le traitement peut être séquentiel (progestérone 12 à 14 jours par mois, avec persistance de saignements de type « règles ») ou continu (progestérone chaque jour, absence de saignements).

Hormones bio-identiques

Les hormones bio-identiques ont une structure moléculaire identique à celle produite naturellement par le corps. L’œstradiol 17-bêta par voie transdermique et la progestérone micronisée (par voie orale ou vaginale) sont considérées comme le schéma de référence en France, recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS). Ce protocole offre un bon équilibre entre efficacité et profil de sécurité.

Formes d’administration

Les bénéfices prouvés du THS

Le traitement hormonal de la ménopause offre des bénéfices bien documentés par la littérature scientifique :

Risques et effets secondaires

Comme tout traitement médical, le THS comporte des risques qui doivent être évalués individuellement auprès d’un professionnel de santé.

Cancer du sein

Le risque de cancer du sein augmente légèrement avec un traitement combiné (œstrogènes + progestatifs de synthèse) pris pendant plus de 5 ans. Ce sur-risque est estimé à environ 8 cas supplémentaires pour 10 000 femmes par an. Avec la progestérone micronisée, ce risque semble moindre. Après l’arrêt du traitement, le sur-risque diminue progressivement sur 2 à 5 ans.

Thrombose veineuse

Les œstrogènes par voie orale augmentent le risque de thrombose veineuse profonde et d’embolie pulmonaire. Ce risque est significativement réduit, voire absent, avec la voie transdermique (patch ou gel), raison pour laquelle celle-ci est désormais recommandée en première intention.

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Un léger sur-risque d’AVC est rapporté avec les œstrogènes oraux à doses élevées, surtout chez les femmes de plus de 60 ans. Ce risque est atténué avec la voie transdermique et les doses faibles.

Effets secondaires courants (non graves)

Ces effets sont généralement transitoires et peuvent être corrigés par un ajustement de la dose ou de la forme du traitement.

Qui peut prendre le THS — et qui devrait l’éviter ?

Indications principales

Contre-indications absolues

Situations nécessitant une évaluation au cas par cas

Alternatives naturelles au traitement hormonal

Pour les femmes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas recourir au THS, plusieurs alternatives existent. Leur efficacité, bien que généralement inférieure à celle du traitement hormonal, peut suffire dans les formes légères à modérées.

Phytoœstrogènes

Les isoflavones de soja et le trèfle rouge contiennent des composés qui se lient aux récepteurs d’œstrogènes. Les études montrent une réduction modeste des bouffées de chaleur (20-30 %). Ils sont contre-indiqués en cas d’antécédent de cancer hormonodépendant.

Actée à grappes noires (black cohosh)

Cette plante est utilisée traditionnellement pour les symptômes vasomoteurs. Certaines études montrent un bénéfice modéré sur les bouffées de chaleur, mais les données restent insuffisantes pour une recommandation formelle.

Compléments alimentaires utiles

Modifications du mode de vie

Comment démarrer un THS : parcours médical et suivi

Étape 1 : Consultation médicale initiale

Le THS nécessite une prescription médicale. La première consultation, auprès d’un médecin généraliste ou d’un gynécologue, inclut un interrogatoire complet (antécédents personnels et familiaux, symptômes, mode de vie) et un examen clinique.

Étape 2 : Bilan pré-thérapeutique

Avant de débuter le traitement, un bilan est réalisé : mammographie récente (moins de 2 ans), bilan lipidique, glycémie, éventuellement un frottis cervico-vaginal à jour et une densitométrie osseuse si indiquée.

Étape 3 : Choix et initiation du traitement

Le médecin détermine le type de THS, la voie d’administration et la posologie adaptés au profil de la patiente. Le traitement est généralement débuté à la dose minimale efficace, avec une réévaluation après 3 mois.

Étape 4 : Suivi régulier

Un suivi est recommandé tous les 6 à 12 mois en consultation médicale, comprenant un examen clinique, une évaluation de la tolérance et de l’efficacité, et la poursuite du dépistage organisé (mammographie tous les 2 ans). La durée du traitement est réévaluée chaque année, en pesant les bénéfices et les risques.

Durée du traitement

Il n’existe pas de durée maximale absolue. Les recommandations actuelles préconisent d’utiliser le THS le temps nécessaire, à la dose la plus faible efficace. En pratique, la durée moyenne est de 5 à 7 ans, mais elle peut être prolongée si les bénéfices l’emportent sur les risques pour la patiente concernée.

Tableau comparatif des types de THS

Type de THS Formes disponibles Principaux bénéfices Risques spécifiques Pour qui ?
Œstrogènes seuls (voie transdermique) Patch, gel Soulagement des bouffées de chaleur, protection osseuse, faible risque thrombotique Risque endométrial si utérus présent (ne pas utiliser seul) Femmes hystérectomisées
Œstrogènes seuls (voie orale) Comprimés Soulagement des bouffées de chaleur, protection osseuse Risque accru de thrombose veineuse, risque endométrial Femmes hystérectomisées sans facteur de risque thrombotique
Combiné séquentiel (œstrogène + progestérone) Patch/gel + progestérone orale (12-14 j/mois) Soulagement complet des symptômes, protection endomètre, saignements prévisibles Léger sur-risque mammaire au-delà de 5 ans Femmes en périménopause ou ménopause récente avec utérus
Combiné continu (œstrogène + progestérone) Patch/gel + progestérone orale quotidienne Absence de saignements, soulagement des symptômes, protection endomètre Léger sur-risque mammaire au-delà de 5 ans, spotting possible au début Femmes ménopausées depuis plus d’1 an avec utérus
Traitement local (œstrogènes vaginaux) Crème, ovule, anneau vaginal Sécheresse vaginale, infections urinaires récidivantes Très faible passage systémique, risques minimes Femmes avec symptômes vaginaux isolés, même après cancer du sein (avis spécialisé)

Infographie : chronologie de la ménopause et fenêtre du THS

Chronologie de la ménopause et fenêtre optimale du THS

PHASE 1 — Préménopause (40-45 ans)

Cycles encore réguliers mais premiers signes hormonaux

  • Baisse progressive de la progestérone
  • Syndrome prémenstruel plus marqué
  • Pas d’indication de THS à ce stade

PHASE 2 — Périménopause (45-51 ans, durée 2 à 8 ans)

Cycles irréguliers, fluctuations hormonales intenses

  • Premières bouffées de chaleur, troubles du sommeil
  • Œstrogènes en montagnes russes
  • THS possible si symptômes invalidants (schéma séquentiel)

PHASE 3 — Ménopause confirmée (51 ans en moyenne)

12 mois consécutifs sans règles

FENÊTRE D’OPPORTUNITÉ DU THS : dans les 10 ans suivant la ménopause ou avant 60 ans

  • Meilleur rapport bénéfice/risque pendant cette fenêtre
  • Protection cardiovasculaire et osseuse optimale
  • Soulagement maximal des symptômes vasomoteurs

PHASE 4 — Post-ménopause tardive (après 60-65 ans)

Adaptation du corps aux nouveaux niveaux hormonaux

  • Initiation du THS déconseillée (rapport bénéfice/risque défavorable)
  • Poursuite possible si déjà en cours, sous surveillance rapprochée
  • Traitement local vaginal toujours envisageable

Questions fréquentes sur le traitement hormonal

Le THS fait-il prendre du poids ?

Non, les études montrent que le traitement hormonal de la ménopause ne provoque pas de prise de poids. Au contraire, il peut limiter la redistribution abdominale des graisses caractéristique de la ménopause. La prise de poids observée à cette période est principalement liée au vieillissement, à la baisse du métabolisme de base et aux changements de mode de vie, et non au THS lui-même.

Combien de temps peut-on prendre le THS ?

Il n’existe pas de durée maximale stricte fixée par les autorités de santé. La recommandation actuelle est de réévaluer le rapport bénéfice/risque chaque année en consultation médicale. La plupart des femmes suivent le traitement pendant 5 à 7 ans, mais certaines peuvent le poursuivre plus longtemps si les symptômes persistent et que le bilan médical reste favorable. Pour les femmes en ménopause précoce, le THS est recommandé au minimum jusqu’à 51 ans.

Le THS augmente-t-il le risque de cancer du sein ?

Le sur-risque de cancer du sein est faible et concerne principalement les traitements combinés (œstrogènes + progestatifs de synthèse) utilisés pendant plus de 5 ans. Avec le schéma recommandé en France — œstradiol transdermique + progestérone micronisée — ce risque est significativement réduit par rapport aux anciens protocoles. Pour donner un ordre de grandeur, le sur-risque est comparable à celui lié à la consommation de 2 verres d’alcool par jour ou à l’obésité post-ménopausique.

Peut-on prendre le THS après 60 ans ?

L’initiation du THS après 60 ans ou plus de 10 ans après la ménopause est généralement déconseillée en raison d’un rapport bénéfice/risque moins favorable, notamment sur le plan cardiovasculaire. Cependant, une femme déjà sous THS et le tolérant bien peut envisager de le poursuivre au-delà de 60 ans sous surveillance médicale rapprochée. Les œstrogènes locaux (vaginaux) restent possibles à tout âge.

Le THS est-il compatible avec des antécédents familiaux de cancer du sein ?

Un antécédent familial de cancer du sein au premier degré (mère, sœur) ne constitue pas une contre-indication absolue au THS, mais il nécessite une évaluation approfondie auprès d’un professionnel. Le médecin prendra en compte le type de cancer familial, les résultats de tests génétiques éventuels (BRCA1/BRCA2) et le niveau de risque global. Un suivi mammographique renforcé sera mis en place si le traitement est prescrit.

Quelles sont les différences entre THS et hormones bio-identiques ?

Le terme « hormones bio-identiques » désigne des hormones dont la structure moléculaire est identique à celles produites naturellement par l’organisme. En France, le THS recommandé utilise précisément des hormones bio-identiques : l’œstradiol 17-bêta et la progestérone micronisée. Il ne faut pas confondre ces hormones, prescrites et contrôlées, avec les préparations magistrales non standardisées parfois vendues sous le label « bio-identique » sans validation scientifique suffisante.

Sophie Martin, Diététicienne-Nutritionniste

Sophie Martin

Diététicienne-Nutritionniste, diplômée d’État

Spécialisée dans la nutrition féminine et le bien-être hormonal, Sophie accompagne depuis plus de 10 ans des femmes 35+ dans leur quête de santé durable, de minceur sereine et de confiance retrouvée dans leur corps.

📅 Publié le 6 juillet 2026